David Chow – CEO d’Altavis « En Chine, une médaille est très efficace. » |
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Altavis Fine Wines est une entreprise spécialisée dans la restauration, l’hôtellerie et les boutiques de vin ; elle compte aussi quelques acheteurs privés haut de gamme. Elle propose un portefeuille impressionnant de marques françaises et internationales parmi lesquelles on trouve des grands crus bordelais, des maisons bourguignonnes et une palette complète de vins du monde (Italie, Espagne, Allemagne, Etats-Unis et Amérique du Sud).
C MB : La Chine est indéniablement à la mode, tout le monde en parle… et en rêve ! Votre double culture, votre expérience font de vous un observateur privilégié – quelle est votre opinion ? « La Chine se forme peu à peu au vin, si pendant les années 80, ce fut un véritable désert viticole, je dirais que désormais la France fascine la Chine. Les vins français ont été les pionniers en Chine et ils ont profité de la bonne image et la forte présence des cognacs. Le Made in France fait vendre, et surtout l’origine Bordeaux qui est pour beaucoup de Chinois synonyme de France. L’origine bénéficie du prestige des grands crus qui rejaillit sur tous les vins qui revendiquent cette origine. Le marché chinois est encore atypique : il existe une forte demande pour les vins premium, les catégories moyennes connaissent de grosses difficultés tandis que les vins d’entrée de gamme explosent à des prix défiants toute concurrence. En ce sens, c’est encore un marché immature, la croissance est liée à l’émergence d’une classe moyenne de type « nouveau riche » qui achète surtout des étiquettes. »
Le volcan islandais vous a empêché de participer l’an dernier au Concours Mondial mais cette année, vous viendrez déguster avec nous au Luxembourg : quels conseils donneriez-vous à une cave lorsqu’elle souhaite approcher ces marchés ? « La Chine est d’une grande diversité : il existe des poches de sophistication extrêmes dans les grandes agglomérations comme Pekin, Shangai et Canton. Ce sont les villes les plus occidentalisées où le vin jouit d’un engouement très dynamique accompagné encore par beaucoup d’ignorance. Ici, la médaille est très très efficace. Le marché est atomisé. L’étiquette fait vendre. Le consommateur a besoin d’un guide et la médaille a un effet multiplicateur indéniable. C’est un gage pour vendre plus facilement sur ce marché. Le consommateur a besoin de se raccrocher à quelque chose : outre l’origine, la médaille est dans ce sens très rassurante. Un dernier élément qui a son importance pour approcher le marché chinois : c’est le goût. Les chinois ne sont pas forcément friands des ‘blockbusters’ internationaux : si les Anglo-Saxons aiment les tonalités boisées, les vins vifs et tanniques, pour les Chinois, ces caractéristiques sont rédhibitoires. Ils veulent des vins puissants certes, mais tout en rondeur : sans tannins et les sucres résiduels ne sont pas à exclure ! »
La Chine : une mode ou une tendance de fond ? « Je suis convaincu que la tendance est irréversible et durable : il ne faut pas se leurrer, cette nouvelle classe moyenne chinoise veut elle aussi sortir du « métro, boulot, dodo » et le vin est conçu ici comme un rituel sophistiqué, occidental et cultivé qui permet de se rassembler pour passer un bon moment. Cette aspiration à l’individualisme et à l’hédonisme sont des tendances de fonds de la sociologie chinoise qui joue en faveur du vin dans ce pays. »
Entretien recueilli par Frédéric Galtier : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.
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David est un parisien. Franco-chinois, il est tombé dans le vin un peu par hasard. Après des études de finances, HEC et Sciences-po, son impressionnant CV le mène à se rapprocher de grands groupes français et internationaux : Procter, Loréal, Pernod Ricard qui le ramènent vers la Chine où il dirigera entre autres expériences la filiale chinoise de Pernod-Ricard durant 21 ans et lancera sur ce marché des marques comme Dragon Seal et Jacob’s Creek.


